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[TRIBUNE] Pour des territoires solidaires et des politiques locales accueillantes

Plaidoyer | Publié le 11/03/2026
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TRIBUNE

"Pour des territoires solidaires et des politiques locales accueillantes !"

Alors que les élections municipales se tiendront dans quelques jours, des associations et collectifs en soutien des personnes exilées, rappellent qu’il est indispensable que les responsables locaux adoptent des politiques locales d’accueil, car « agir localement pour un accueil inconditionnel, c’est agir en faveur de la dignité et du respect des droits de toutes et tous ! »

La gestion sécuritaire des migrations est une aberration, et nous revendiquons une politique d’accueil et de respect des droits de tous et toutes. Faire prévaloir le principe d’accueil est indispensable pour satisfaire l’ensemble des besoins vitaux dans le respect de la dignité humaine, tel que l’accès à un hébergement et un logement, à l’alimentation, à l’hygiène, la santé, la mobilité, l’éducation, l’apprentissage de la langue, le travail et les droits culturels.

Les collectivités territoriales sont essentielles pour défendre l’intérêt général
Les municipalités peuvent jouer un rôle-clé pour protéger et rendre effectifs les droits fondamentaux.

Nombre d’entre elles pallient déjà les effets néfastes des politiques nationales de non-accueil (fermeture des frontières, sous-dimensionnement et dysfonctionnements du dispositif national d’accueil, etc.). Chaque année, les normes s’accumulent pour traiter les personnes étrangères comme des indésirables, accentuer les inégalités d’accès aux droits, mettre en place une concurrence entre publics précaires. C’est alors aux collectivités territoriales d’assurer les besoins fondamentaux et de répondre aux urgences sociales provoquées notamment par la dégradation des services publics.

Les politiques d’accueil inconditionnel, déjà menées par plusieurs collectivités, sont une contribution au bien commun. Elles concourent au maintien et l’amélioration des services publics pour tous et toutes, du tissu social et de la démocratie locale.

Des propositions d’action : accueillir, rendre l’installation possible
Si accorder le droit au séjour reste une prérogative de l’État, les municipalités sont loin d’être démunies et disposent déjà d’outils pour contribuer à l’accueil. Face à la faillite de l’État, il incombe désormais aux collectivités d’assumer la responsabilité de protection des droits de tous et toutes, quel que soit leur statut administratif.

Nous les encourageons à être ambitieuses dans leur actions : interrogez le cadre légal, menez les actions qui relèvent de vos compétences, imaginez des lieux et espaces qui favorisent l’accueil et la rencontre. Nous invitons les candidat·es, et futur·es élu·es, à se saisir des compétences locales pour contribuer à assurer l’accueil et la dignité de toutes et tous !

De nombreuses et diverses actions peuvent être menées : créer et soutenir de nouveaux lieux d’accueil ; développer la coopération entre municipalités, associations et collectifs citoyens, dans des conditions mutuellement décidées et protéger le tissu associatif ; renforcer les politiques locales du logement pour tous et toutes (mise à disposition du parc de logements municipaux ; lutte contre la vacance ; réquisition ; occupations temporaires et conventionnements) ; s’appuyer sur les atouts d’un centre communal d’action sociale (CCAS) (domiciliation, tarifications solidaires sur l’alimentation, la cantine, les fluides, le transport, etc.) ; promouvoir l'accès essentiel à la santé et aux soins ; soutenir les aides à l’apprentissage du français pour les publics non francophones ; renforcer la démocratie locale et la participation des personnes exilées (en créant des instances de contrôle démocratique et de critique des politiques publiques).

Agir localement pour un accueil inconditionnel, c’est agir en faveur de la dignité et du respect des droits de toutes et tous !

Liste des 34 organisations signataires :

  • Amieux Virginie, présidente de CCFD – Terre Solidaire
  • Baseghian Jeanne et Carême Damien, co-président·es de l’Anvita (Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants)
  • Beaugrand Vincent, directeur général de France Terre d’Asile
  • Becard Sabine, présidente du réseau Euromed France
  • Blonde Christel, membre de la commission Action Publique de la Fédération Etorkinekin Diakité
  • Bonnafous Monique, co-présidente du Mouvement citoyens toutes et tous migrants
  • Cailloux Juliette, présidente de l’Observatoire des camps de réfugiés
  • Cavalié Jean-Pierre, administrateur du réseau Hospitalité
  • Chevé Caroline, secrétaire générale de la FSU
  • Claverie Cathy, Présidente de Dom'Asile
  • Desheulles Carole, présidente de Pantin Solidaire
  • Duflot Cécile, directrice générale d’Oxfam
  • Dupoirieux Michel, président de Passerelles
  • Etna Simoné, co-directeur de Kabubu
  • Fassin Didier, président du Comede
  • Gogel Sarah, déléguée générale de Madera
  • Gravosqui Adrien, président de Limbo
  • Guyon Félix, délégué général de Thot
  • Guyot-Berni Monique, présidente de La Cimade
  • Khiang Nayan, président et fondateur de Solidarités Asie France (SAF)
  • Manzi Yann, délégué général d’Utopia 56
  • Mast Julien, président d’E-graine
  • Morel Bruno, président d’Emmaüs France
  • Omer Nawai Shawgi , Directeur Général, PLACE Network
  • Odasso Laura, présidente des Amoureux au ban public
  • Parrot Karine et Rochiccioli Vanina, co-présidentes du Gisti
  • Pierrat-Schiever Cécile, présidente et co-fondatrice de Kodiko
  • Plancke Dominique, président de CNDH Romeurope
  • Pradelle Jean-Marc, président de GRDR – Migrations, Citoyenneté, Solidarités
  • Richard Isabelle, présidente de la Fédération de l’Entraide Protestante
  • Ríos Armas Camila, directrice et fondatrice d’UniR Universités & Réfugié.e.s
  • Saint-Saëns Isabelle, membre du conseil d’administration du Modop
  • Sauterey François, co-président du MRAP
  • Sebbag Robert, président d’Action contre la Faim